Entre bonne humeur et prise de conscience

Dimanche 8 janvier, BFMTV prévoyait un temps gris et froid (0° ou moins) pourtant, c’est sous un ciel bleu presque ensoleillé que se sont retrouvés 42 bénévoles prêts à battre le pavé et à visiter nos voisins invisibles : Les sans-abri. 14h pétante, l’opération #LRTChristmas démarre. Le groupe nombreux s’est subdivisée en 5 groupes pour couvrir tout Paris (ou presque) :

  • Gare de Lyon / Austerlitz
  • République
  • Gare de l’Est
  • Denfer / Place d’Italie
  • Montparnasse

Armés de Chocolats récoltés quelques jours auparavant, de thé et cafés chaud la maraude a commencé dans la joie et la bonne humeur.
Pour ma part, je vais vous raconter ce que j’ai vécu lors de cette maraude avec mon équipe dans le quartier de Gare de Lyon.

Nous sommes allés de Nation à gare de Lyon à pied, en groupe. Nous avons pu ainsi croiser quelques sans-abri sur notre trajet. Le chocolat est un bon vecteur de lien social. Il efface les frontières, les langues, et toutes les différences. Même quand les personnes rencontrées ne sont pas promptes à la discussion, elles acceptent quand même un ballotin de chocolat.
Au mois de janvier le don de chocolat est vraiment perçu comme une bonne augure. C’est le meilleur des vœux qu’on puisse souhaiter. Il veut dire : Bonne année, nous avons pensé à toi et nous te souhaitons tout ce que tu vas ressentir quand le chocolat va fondre dans ta bouche.

Lors de cette maraude, un guest était avec nous : Joshua Coombes, «le street coiffeur» qui nous a rejoint à Gare de Lyon. C’est là-bas que 3 amis sans-abri ont eu la chance de se faire coiffer par ce coiffeur au grand cœur. Je parle de chance car certains des bénévoles auraient bien eu besoin d’une coupe mais Joshua n’était là que que pour Mahmud, Y, et Valentino.
La coiffure serait-elle aussi vecteur de lien social ? Je pose ça là en problématique tout sauf intello. C’est une vraie révélation pour moi !
Avant de rencontrer la Rue Tourne (depuis seulement 2 mois) je pensais que je ne pouvais rien faire pour aider les sans-abri sinon jeter une pièce dans un gobelet ou tendre à sandwich furtivement.
Ce que j’ai appris en peu de temps et beaucoup d’échange c’est que l’échange humain vaut plus que le reste. Contrairement à ce que moi en tant que « société civile » je croyais, le temps, la parole, la prise en considération, les présentations, les rires,… sont plus importants pour les sans-abri que la vulgaire pièce jetée avec générosité et mépris.

Une bénévole anonyme